The Guardians of the Galaxy

On ne peut pas plaire à tout le monde.

13 décembre 2021 - ABANDON

Oui, vous avez bien lu, j'ai abandonné ce titre maintes fois cité en GOTY chez de nombreux joueurs et joueuses et qui vient d'obtenir le Game Award de la meilleure narration. J'en suis le premier désolé, croyez-le bien et j'ai tout tenté pour m'impliquer et apprécier le jeu pour à sa juste valeur. Mais comme me l'ont conseillé certains amis gamers, inutile de forcer au risque de s'en dégoûter. Maintenant ce qui peut être intéressant c'est tenter de comprendre pourquoi Guardians of the Galaxy n'a pas fonctionné sur moi.

Accepter la perte de contrôle...

Tout d'abord, il faut bien être conscient que ce titre propose un déséquilibre actif/passif. Comprenez, vous allez de nombreuses fois poser votre manette et laisser défiler de superbes cinématiques agrémentées de dialogues soignés et très souvent drôles. Mention spéciale au doublage français et notamment Rocket et Drax qui proposent un festival de répliques ciselées. Habituellement, j'aime jouer en version originale sous titrée mais ici, étant donné les discussions constantes entre les personnages, il était vraiment compliqué de lire et combattre à la fois. Ce qui m'amène au premier obstacle : la passivité. C'est justement parce que le jeu est bavard que j'ai dû passer en français et c'est justement parce qu'il fallait écouter les dialogues permanents que le sentiment de passivité et donc de perte de contrôle a germé en moi. Au début, j'imaginais que c'était pour introduire le récit donc je n'ai pas détecté le souci. Les heures suivantes, le sentiment a grandi puisque les dialogues ne s'arrêtent (vraiment) jamais et les cut-scenes coupent régulièrement le rythme du jeu (elles portent bien leur nom, du coup). Au final, je me suis retrouvé devant un film d’animation interactif à forte composante passive.

Vaincre sans péril...

Deuxième sensation qui a bloqué ma complicité avec ce jeu, la confusion des combats et les compétences dispensables. Durant les phases de gameplay, vous allez rencontrer des vagues d’ennemis qui pourront être stoppées grâce aux aptitudes de Peter Quill mais aussi en appelant vos acolytes pour effectuer des attaques spéciales selon un certain tempo. Et là, vous allez obtenir une tornade d’effets spéciaux, de combinaisons incessantes pour au final voir apparaître quelques félicitations enfantines, du type, Mortel! ou Bien Joué!, etc. Le tout sans savoir vraiment si vous avez bien géré puisque les combats ne durent pas bien longtemps, tant l’IA des ennemis est réduite. Leurs seuls atouts : soit un sac à PV bien rempli, soit un bouclier que vous briserez avec le bon élément, très gentiment indiqué au dessus de la tête de l’ennemi. Vous l’avez compris, ces phases de fights ne m’ont pas accroché non plus. Vous pouvez accéder à de nouvelles aptitudes et de nouveaux attributs, mais très sincèrement je n’ai pas du tout ressenti de différences notables avec ou sans. Dans le doute, j’ai même essayé des combats entiers en tirant simplement avec Peter sur les ennemis et… tout s’est bien passé. Quand on souhaite appliquer un système de vulnérabilités, de faiblesses et de combos, il est intéressant qu’il soit indispensable à la victoire pour ressentir progressivement le plaisir de la maîtrise, or ici, nul besoin de maîtriser pour avancer.

J'aurais tellement aimé l'aimer...

Enfin, en écrivant ces lignes, je crois que je comprends pourquoi je n’ai pas terminé et apprécié Guardians of the Galaxy. Aucune offense pour toutes celles et ceux qui ont aimé le jeu, ceci est manifestement très subjectif, mais il me semble qu’il est destiné à un public casual et relativement jeune, en tout cas plus jeune que moi. Je suis pourtant un gros client Marvel mais là, malgré l’excellente réalisation du jeu et la double lecture dans certains dialogues, cela n’a pas fonctionné avec moi. Aussi, pour conclure, je ne dirai absolument pas que c’est un mauvais jeu, loin de là, mais qu’il est préférable de se préparer au genre qu’il propose avant de se lancer. Si vous aimez contrôler un jeu et progresser pour ressentir le plaisir de l’accomplissement, Guardians of the Galaxy joue dans un autre registre, plus simple, plus direct, plus fun et plus pragmatique.

Date de sortie
Temps de jeu
9h