Test : The Last of Us Part II

5

La liste des jeux du niveau de The Last of Us Part II est courte, très courte.

Pour que tout soit clair, je n'ai rien lu sur The Last of Us Part II avant d'écrire ces quelques lignes, d'une part pour me préserver la surprise à chaque session du jeu et, d'autre part, pour ne pas influencer mon ressenti et mon jugement sur la création (je n'ai rien inventé mais c'est une attitude que je vous conseille vivement...).

Après un premier épisode parfait, à mon sens, j'attendais beaucoup de cette suite. J'avais donc, comme beaucoup, des craintes. Tout s'est dissipé après les 3 premières heures de jeu. The Last of Us Part II est un chef-d'oeuvre rare, dont je reparlerais encore dans plusieurs années et qu'il faut avoir vécu si on a la moindre affinité pour le jeu vidéo. Impossible de comprendre le ressenti et l'empathie engendrée par le jeu sans avoir suivi les aventures d'Ellie manette en main.

Si le premier épisode avait mis la barre haut en termes d'écriture, de gameplay et de qualité technique, le second épisode réussit l'impensable, le surpasser sur les trois points. Je ne parlerai à aucun moment de l'histoire, la moindre information pourrait vous gâcher le plaisir. Sachez simplement que la narration du jeu est un exemple du début à la fin. Aucune scène n'est inutile, rien n'est laissé au hasard. Le déroulement de cette suite est découpée différemment et tant mieux, elle acquiert ainsi sa propre identité. On ne répète pas les séquences du premier, c'est une vraie suite qui utilise tous les bons points précédents, en améliore d'autres et en intègre de nouveaux efficacement. Les développeurs ne sont pas tombés dans le piège de la corde usée ou du filon à sec. Les repères sont là mais le jeu sait nous surprendre et nous bousculer, changeant régulièrement de mode d'exploration ou d'intensité. Toujours cette fameuse alchimie entre action crispante et exploration gratifiante. Malgré l'histoire sur un rail ou dans un couloir, si vous préférez, Seattle nous paraît si vaste, si riche en lieux à fouiller et en détails à contempler. Nous n'évoluons jamais en ligne droite et pourtant, nous emprunterons tous le même chemin au final.

The Last of Us Part II, comme son prédécesseur, est un jeu intense, jalonné de moments épiques et de scènes violentes et crues, habilement intégrées dans l'histoire, jamais gratuites. Comme ce fut le cas dans The Walking Dead avec les zombies, les claqueurs et les infectés deviennent habituels pour les protagonistes et ne représentent plus vraiment la même menace (excepté peut-être les nouveaux et terribles colosses). Non, le danger est bien ailleurs dans cette suite : les humains. Comme dans beaucoup de dystopies, ce sont eux les plus dangereux, comme si les événements critiques révélaient la vraie nature de l'homme, un égoïsme violent et radical, un retour à un monde sans lois qui fait sauter tous les cadenas imposés par les limites d'une société humaine moderne. C'est dans cet univers que vous évoluerez pendant deux fois plus de temps que le premier épisode. Je vous conseille d'ailleurs de ne pas trop baisser la difficulté (modulable à volonté sur plusieurs critères) pour bien ressentir la peur, la vulnérabilité et le besoin en ressources. Si vous voulez tirer sans cesse et arroser le terrain de cocktails molotov, changez de jeu, vous n'avez rien à faire ici.

En écrivant ces quelques mots, j'écoute la bande originale du jeu. Je me suis surpris plusieurs fois à redresser la tête pour tendre l'oreille et sentir les souvenirs affluer. Si vous êtes doté de suffisamment d'empathie, vivre le périple d'Ellie, infectée à sa manière par une maladie qui ronge l'espoir et la raison, vous procurera des sensations inédites : c'est la première fois qu'un jeu vidéo me fait sentir coupable de mes actes...

Durée de vie
36h