Test : Ghost Recon Breakpoint

3

Ghost Recon Breakpoint est un jeu d'infiltration tactique à savourer, seul ou à plusieurs, essentiellement pour son gameplay éprouvé et solide, si toutefois vous parvenez à occulter l'histoire, simple prétexte à un enchaînement de missions.

NADIM. Nos autem de iustitia manes (Nous sommes les fantômes de la justice).

L'épisode précédent intitulé Wildlands se déroulait en Bolivie et mettait en jeu Nomad, chef d'une escouade de 4 Ghosts déterminée à démanteler un cartel de narco-trafiquants appelé la Santa Blanca (La Santa... La Santa... La Saaaaaanta Blanca). L'opération Kingslayer était lancée. Je n'étais pas du tout familier avec cette licence Ghost Recon et j'étais tombé par hasard en Bolivie pour n'en ressortir qu'avec 100% de l'organigramme du cartel supprimé. Et franchement c'était bon. Chaque nouvelle région offrait une vidéo de présentation de son activité et de son lieutenant de la Santa Blanca, chaque région avait son identité et chaque lieutenant sa petite histoire. Une vraie belle découverte.

Dans ce nouvel épisode Breakpoint, on reprend le contrôle de Nomad qui déboule sur une île imaginaire du Pacifique, Auroa, sorte de monde 3.0, high-tech, visionnaire et un brin SF, truffée de drones. Çà débute mal pour Nomad qui se retrouve vite seul (donc fini les discussions et les commentaires au sein de l'escouade, dommage) et dans un environnement hostile, étant donné le coup d'état perpétré par Sentinel, la société paramilitaire privée censée se charger de la sécurité des habitants d'Auroa. Il fera très vite face au grand méchant du game : le colonel Walker (incarné par Jon Bernthal), un Ghost déserteur, désormais entouré de nouveaux soldats d'élite, les Wolves.

Malgré une entame accrocheuse, l'histoire de ce nouvel épisode est d'une platitude regrettable. On ne ressent aucune empathie envers des personnages superficiels, les missions s'enchaînent sans rebondissements, les Wolves sont bien faiblards pour des élites (j'ai fini le jeu en difficulté Avancé, parmi Facile, Normal, Avancé et Extrême), Walker fait son Walker (trop peu souvent) et Stone, le leader de Sentinel, ben... il fait rien. Ils ont bien essayé de renouveler l'organigramme de Wildlands avec une sorte de tableau des cibles mais il n'est pas du tout optimisé et n'invite en rien à le compléter (il doit faire 1/4 de celui de la Santa Blanca...). Quant aux super-lieutenants de Walker, ils ne sont pas à la hauteur de leur chef qui fut le seul à me crisper sur la manette.

Et pourtant le jeu débute avec une menace originale, cet essaim de drones tueurs qui atomise facilement un bataillon d'hélicos, plus tard dans le scénario, ils n'apparaissent plus du tout et sont sous-exploités. Ce "cumulus dronus" aurait pu être une menace de chaque instant dès qu'on voyage en hélico, par exemple. Et ces gigantesques canons à drones, installés partout sur l'île? Pourquoi ne jamais les avoir intégrer dans une mission? Ils avaient installé un environnement high-tech propice à une foule d'idées et on a la désagréable impression qu'ils ne s'en sont pas servi.

Mais alors pourquoi avoir joué plus de 100h? Et bien simplement parce que le gameplay du jeu est toujours aussi jouissif. La furtivité, l'approche des sites d'intérêt, le repérage au drone, la tactique, l'observation, la préparation pas à pas, voilà le secret de la réussite de ce gameplay. Çà fonctionne. On se prend très vite pour un agent des forces spéciales, une sorte de Bond moderne. Tout çà renforcé par un système de customisation du personnage très soigné et vraiment agréable (compétences, équipement, gunsmith, vêtements, accessoires, gadgets, rations, etc.), peut-être trop riche aux yeux de certains, vu le nouveau mode ajouté à la dernière grosse mise à jour, qui permet de désactiver totalement le niveau d'équipement et l'amélioration des armes. Pas compris l'intérêt. Si vous avez plutôt envie de courir vers l'ennemi en hurlant et en arrosant tout ce qui bouge, je crains que vous fassiez erreur... C'est dans l'approche tactique, furtive et personnalisable que Ghost Recon Breakpoint révèle tout son potentiel.

L'équipement high-tech est très appréciable, de l'infogrenade qui se lance pour révéler une petite zone d'ennemis au drone synchro qui se place discrètement au-dessus d'un ennemi et l'élimine à votre signal, en passant par la grenade à impulsions électro-magnétiques pour griller les drones. En revanche, le drone de repérage, votre fidèle compagnon, a malheureusement perdu en capacités. Fini le drone explosif qui finit son check avec un petit kill tranquille. Finis aussi les brouilleurs de drone adverses qui mettaient cette petite difficulté en plus. Lors des teasers, Ubisoft avait montré le fameux chalumeau qui permettait de découper une grille pour entrer en douce. Quelle déception. J'ai dû croiser 3 grilles qui se découpent dans le jeu. Eh oui, il faut une grille spéciale et la majorité sont impossibles à découper. Equipement totalement inutile. En revanche, bonne idée le camouflage à plat ventre pour se dissimuler entièrement, soit des soldats alertés, soit des avions drone qui survolent les zones chaudes, vous marquent et brouillent votre radar, une autre bonne idée.

Ghost Recon Breakpoint est un jeu à savourer seul ou à plusieurs, essentiellement pour son gameplay éprouvé et solide, si toutefois vous parvenez à occulter l'histoire, simple prétexte à un enchaînement de missions. Les prochains épisodes inclus dans le pass Season (l'épisode 2 est disponible avec le retour de Sam Fisher, personnage culte de la série Splinter Cell) apporteront j'espère un peu plus de corps au background et utiliseront sans doute plus judicieusement ce bas à sable high-tech gigantesque (environ 25% de visité durant mes 107h...). Si cette expérience vous attire, préférez commencer par Ghost Recon Wildlands, vous ne serez pas déçus, parole de Ghost.

Un grand merci à Phaeodac pour les sessions coop, inoubliable duo de sales Ghosts.

Temps de jeu
107h