Test : Dragon Quest XI

4

Dragon Quest XI est un JRPG au tour par tour qui a su conserver sa formule gagnante quand d'autres ont préféré succomber aux sirènes de l'action et du photo-réalisme.

Et bim.

Peut-on vraiment dire que j'ai fini Dragon Quest XI? Et bien c'est délicat. Oui j'ai vu le générique de fin et oui j'ai achevé le combat qui, a priori, était le dernier. Mais, comme à son habitude, le jeu offre un postgame permettant d'enrichir le final et de dévoiler de nouvelles informations. Pour être honnête, ce générique est même un piège puisque si vous ne relancez pas votre partie (dont la sauvegarde arbore une étoile digne de Mario), vous allez passer à côté de révélations qui me paraissent essentielles à la compréhension du scénario déjà bien dodu du jeu. A bon entendeur.

Peut-on vraiment accorder une note maximale à Dragon Quest XI? Je me suis posé cette question durant les 135h de mon aventure et finalement, très subjectivement (évidemment, comme chaque critique), je pense que non, d'où les 4 étoiles sur 5. La raison principale est le dosage de la difficulté.

Si vous entamez le jeu sans quêtes draconiennes, vous allez dérouler tous les combats en auto ou en attaque basique sans réfléchir car les ennemis et les boss seront faibles, trop faibles. Aucune stratégie ne sera requise et améliorer votre équipement à coups de Transforge (outil de création et d'upgrade de tous les éléments d'équipement, à base de ressources récoltées dans le monde et de recettes dénichées dans les bibliothèques, suivez les livres rouges!) ne sera qu'un mini-jeu dans le jeu, sans réelle utilité.

Si, en revanche, vous ajoutez dès le début toutes les quêtes draconiennes, là vous allez simplement être en rage contre le jeu qui va, cette fois, vous humilier, vous rouler dessus, vous foutre la hontite, vous empêcher d'acheter dans les boutiques, etc. Bien entendu, il est possible de choisir certaines quêtes draconiennes pour moduler et équilibrer le jeu à sa guise mais, une fois votre partie lancée, le système permet seulement de les retirer, pas de les ajouter...

Ainsi, soit vous n'en choisissez aucune et vous suivez l'histoire sans vous soucier des combats (au moins 50% du jeu), soit vous les cochez toutes et vous réduisez la difficulté au fur et à mesure en supprimant ces quêtes. Au final, je n'ai conservé que 3 quêtes draconiennes : monstres plus forts (et là vous allez bien sentir la différence, un simple combat peut vous balayer votre team), aucune XP avec des monstres faibles et fin du jeu si le héros succombe en combat. Attention à cette dernière, elle peut faire basculer un combat de boss et vous faire serrer très fort votre manette dans vos mains crispées...

Pour en finir sur la difficulté, sachez que le postgame est autrement plus difficile et honnêtement, je fais un break (Xenoblade et FFVII obligent) tant la marche est haute et brutale. Mais il faut bien reconnaître que les développeurs du jeu ont fait un travail titanesque tant les histoires continuent après la "fin" avec une cohérence rare, ce qui est aussi vrai durant le jeu que dans ce postgame.

Dragon Quest XI est un JRPG au tour par tour qui a su conserver sa formule gagnante quand d'autres ont préféré succomber aux sirènes de l'action et du photoréalisme. N'allez pas croire que mes paragraphes précédents sont là pour vous dégoûter d'y jouer, c'était simplement une mise en garde pour bien profiter de ce magistral jeu vidéo. Tout le reste est parfait. Suivre les aventures de cette troupe de personnages est un régal, l'équipement et l'hexagramme sont suffisamment riches pour permettre de personnaliser à loisir ces héros et le bestiaire original et inventif est un exemple à suivre. Le monde d'Elréa vous paraîtra familier à force de quêtes et de discussions avec ses habitants, développant subtilement l'empathie pour ces personnages. Quand on pense approcher du but, le jeu bascule dans une seconde partie aussi longue que la première avec une nouvelle approche de la quête principale, de quoi vous occuper et vous réjouir de longues heures. Le jeu s'adresse clairement aux tenaces, il vous faudra du temps, mais il sait aussi vous récompenser, pour éviter l'ingratitude de certains jeux qui utilisent simplement la durée de vie pour gonfler les chiffres du dossier de presse. Enfin, un mot sur la musique, celle qui me trotte dans la tête en écrivant ces quelques lignes, celle qui était assez irritante sur la première version PS4 et qui, grâce à un remastering symphonique, devient un délice rythmant votre quête jusqu'à son dénouement.

Bon jeu!

Conseils d’hexagramme

 

Temps de jeu
135h