Fantasian

03 avril 2021 - NEW GAME

Quand j'ai découvert le trailer de Fantasian par Mistwalker, boîte d'Hironobu Sakaguchi, père de la saga Final Fantasy et de Lost Odyssey, je me suis dit "Ouh j'aime". Quand j'ai vu à la fin du trailer que c'était exclusivement pour Apple Arcade, le service de jeux en streaming d'Apple, je me suis dit "Ah. Ben non alors." Comme beaucoup, j'imagine. Et puis le côté professionnel m'a forcé à acquérir une nouvelle machine de chez la pomme croquée, celle-là même sur laquelle je tapote à l'instant. Et ô surprise, pour tout achat, bim, période d'essai de l'Apple Arcade pour 3 mois (et 12 mois d'Apple TV+!).

Me voilà donc parti pour Fantasian, un JRPG old-school qui sent bon la madeleine de Proust... euh de Sakaguchi. Vous retrouvez immédiatement une atmosphère, un ressenti, une sensation proche des premiers FF, sans doute à cause de la musique composée par un certain Nobuo Uematsu, compère de toujours de Monsieur Sakaguchi.

Un jeune héros androgyne projeté dans un complexe industriel aux côtés d'un robot qu'il ne connaît pas, puisque bien entendu il est amnésique (incroyable le nombre de héros amnésiques dans le jeu vidéo, un jour il faudra dresser une liste), et une première map simple et efficace où les combats se déclencheront aléatoirement pour des escarmouches au tour par tour délicieuses. Des coffres dissimulés çà et là et un mini-boss final qui rappelle manifestement un certain Scorpion... Puis rapidement, le héros, Léo de son prénom, sera téléporté vers un petit village rocailleux et sableux du plus bel effet. Rho c'est dingue, on dirait que c'est du vrai sable... mais... mais... c'est du sable!

Et oui, l'idée merveilleuse et féérique de Maître Sakaguchi : le diorama, cette maquette réelle, ce décor miniature, bien connu des fans de modélisme ou de Warhammer, de taille souvent très réduite, fourmillant de petits détails et inséré en décors du jeu. Au début, les personnages tranchent un peu par leur définition (ils auraient peut-être mérité un petit traitement lissant, gommant, "pâte à modélisant...") mais plus les décors se révèlent et plus l'effet est saisissant. Cette pirouette géniale renforce le côté jeu de rôle tant on a l'impression de déplacer les petites figurines de notre enfance entre les faux arbres et les faux cailloux que nous avons tous inventé dans le jardin de Mamie.

Mais l'inventivité de Mr Sakaguchi ne s'arrête pas là, il innove dans les mécaniques de combat en insérant des nouveautés vraiment bienvenues. Pensé pour le tactile (même s'il est entièrement jouable à la manette sur Apple TV), vous allez pouvoir incurver la ligne de touche de vos sorts pour frapper le plus d'ennemis possibles en déplaçant manuellement le curseur de cette compétence magique. Vous pourrez aussi utiliser un dispositif génial qui enferme les monstres croisés aléatoirement pour déclencher plus tard, à volonté, un combat regroupant tous les monstres capturés. Bien sûr, comme le piège à fantômes de Ghostbusters, vous ne pourrez pas dépasser une certaine charge ectoplasmique (30 ennemis) mais vous pourrez ainsi explorer librement en amassant une flopée de mobs et les fumer en masse quand vous le sentez, à 10, 15, 20 ou 30, si vous êtes fifous.

En 3h de jeu, j'ai été conquis par le système, l'histoire, l'environnement, les menus, l'interface. Alors son plus gros défaut reste bien sûr l'environnement nécessaire pour jouer. Si vous ne croquez pas la pomme, je vous parle d'un jeu inaccessible et c'est d'autant plus ennuyeux qu'il est réussi. Voilà à quoi doit ressembler un jeu de la famille Final Fantasy, voilà à quoi ressemble un jeu à l'ADN japonais. Merci Mr Sakaguchi (je l'ai assez cité, c'est bon?).

Date de sortie
Temps de jeu
15h